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Santé mentale des jeunes, Carte blanche d'Impact Authentique avec Eve Delahaye

Santé mentale des jeunes : comprendre les signes

La santé mentale des jeunes s’impose aujourd’hui comme un sujet majeur de prévention, d’éducation et de responsabilité collective. Derrière les mots stress, anxiété, pression scolaire, isolement ou perte de repères, il y a des réalités vécues chaque jour par des adolescents et de jeunes adultes qui cherchent à avancer tout en vivant des émotions parfois intenses.

En France, les données récentes montrent qu’une part importante des jeunes présente des signes de mal-être psychologique, avec des risques de dépression, un sentiment de solitude et des plaintes psychologiques régulières.

Pour agir efficacement, il devient essentiel de mieux comprendre ce qui se joue, de repérer les signaux faibles et de créer des espaces où la parole peut circuler sans honte ni tabou.

C’est dans cet esprit que, dans le cadre des Cartes Blanches Impact Authentique, j’ai échangé avec Eve Delahaye, coach spécialisée dans l’accompagnement des jeunes et jeunes adultes.

Son regard de terrain apporte un éclairage précieux sur les difficultés rencontrées aujourd’hui par la jeunesse, et aussi sur les leviers concrets qui permettent d’avancer.

Cet article reprend les points essentiels de notre échange pour proposer une lecture claire, utile et accessible à tous : parents, éducateurs, professionnels de l’accompagnement, responsables d’équipe, mais aussi jeunes eux-mêmes.

L’objectif n’est pas de dramatiser, mais de mieux comprendre pour mieux soutenir.

Eve Delahaye

Pourquoi la santé mentale des jeunes est un enjeu de société ?

Parler de santé mentale des jeunes, ce n’est pas évoquer un sujet marginal. C’est aborder une question centrale pour notre société, parce qu’elle touche à la construction de l’identité, au rapport aux autres, à la réussite scolaire, à l’insertion professionnelle et plus largement à la qualité de vie.

Selon Santé publique France, seule environ la moitié des collégiens et lycéens présentent un bon niveau de bien-être mental, tandis qu’une part importante d’entre eux déclare des sentiments de solitude, des plaintes psychologiques ou somatiques, voire un risque de dépression. Les pouvoirs publics rappellent également que plus de 50 % des élèves du secondaire déclarent des plaintes psychologiques ou physiques hebdomadaires, et que les troubles anxieux, dépressifs ou les pensées suicidaires concernent un nombre croissant de jeunes.

Cette fragilité ne s’explique pas par une seule cause. L’adolescence et l’entrée dans l’âge adulte sont des périodes de transition profondes. Les changements corporels, la pression scolaire, les choix d’orientation, l’exposition aux réseaux sociaux, la comparaison permanente, la peur de l’échec ou encore l’incertitude face à l’avenir peuvent accentuer le mal-être.

Le ministère chargé de la jeunesse rappelle d’ailleurs que près de 23 % des jeunes déclarent avoir le sentiment de ne pas prendre soin de leur santé mentale, et que 55 % des 18-24 ans disent avoir déjà été affectés par un problème de santé mentale.

Comment repérer les signes de mal-être chez un jeune ?

Repérer une souffrance psychique ne signifie pas poser un diagnostic. En revanche, apprendre à observer certains changements peut permettre d’agir plus tôt. Un jeune qui va moins bien peut montrer une irritabilité inhabituelle, un repli sur soi, une grande fatigue, une perte de motivation, des troubles du sommeil, une baisse de concentration, des plaintes physiques répétées ou encore une anxiété envahissante.

Dans certains cas, le mal-être se manifeste aussi par une chute des résultats scolaires, une perte d’intérêt pour les activités habituelles ou des difficultés relationnelles. Les institutions de santé insistent sur l’importance de ne pas banaliser ces signaux, surtout lorsqu’ils s’installent dans la durée.

La bonne posture consiste moins à vouloir tout résoudre immédiatement qu’à ouvrir un espace d’écoute. Poser des questions simples, reformuler sans juger, reconnaître ce que l’autre ressent et montrer que l’on reste disponible sont déjà des actes de prévention. Trop souvent, les jeunes craignent de déranger, d’être incompris ou d’être perçus comme faibles.

Or, plus un climat de confiance existe, plus il devient possible d’exprimer un mal-être avant qu’il ne s’aggrave. C’est précisément là que la qualité du lien humain joue un rôle décisif.

Le protocole des émotions : un outil concret pour mieux comprendre ce que l’on ressent.

Au cœur de cet échange, Eve Delahaye met en avant un outil particulièrement utile : le protocole des émotions.

Son intérêt est simple et puissant à la fois. Beaucoup de jeunes ressentent intensément les choses sans toujours parvenir à mettre des mots sur leur vécu. Ils peuvent se sentir dépassés, bloqués ou honteux de leurs réactions.

Les émotions

Le protocole des émotions permet justement de franchir une première étape essentielle : identifier l’émotion, l’accepter sans se juger, puis chercher comment la transformer ou la traverser de manière plus ajustée.

Dans une démarche de prévention en santé mentale, cet outil est précieux parce qu’il redonne du pouvoir d’agir.

Nommer ses émotions aide à sortir de la confusion.

Accepter ce que l’on ressent permet de réduire la lutte intérieure.

Transformer l’émotion, enfin, ouvre la voie à une action plus constructive : demander du soutien, prendre du recul, respirer, écrire, s’exprimer, consulter un professionnel si nécessaire.

Ce type d’approche contribue à développer l’intelligence émotionnelle, la connaissance de soi et la capacité à faire face aux défis du quotidien.

Parler, demander de l’aide, orienter : les réflexes essentiels

Le message le plus fort partagé par Eve Delahaye est sans doute le plus simple : parler à quelqu’un quand cela ne va pas.

Un parent, un proche, un enseignant, un coach, un professionnel de santé, un psychologue ou un adulte de confiance peut devenir un point d’appui décisif.

Demander de l’aide n’est pas un aveu d’échec. C’est un pas vers la clarté, le soulagement et la mise en mouvement.

Les campagnes institutionnelles le rappellent elles aussi : la parole, l’écoute et l’orientation précoce sont des leviers majeurs pour prévenir l’aggravation du mal-être psychique chez les jeunes.

Pour les familles et les professionnels de l’accompagnement, l’enjeu est donc double : mieux écouter et mieux orienter. Pour les jeunes, l’enjeu est d’oser dire, même imparfaitement, ce qui se passe à l’intérieur.

Briser les tabous autour de la santé mentale, ce n’est pas seulement sensibiliser. C’est rendre possible une culture du soutien, de l’attention et de l’action concrète.

Si nous voulons construire une société plus humaine et plus solide, nous devons prendre au sérieux la santé mentale des jeunes, valoriser les outils qui aident, et rappeler sans relâche qu’aucune souffrance ne devrait être portée seul.

C’est tout le sens de ces Cartes Blanches Impact Authentique : ouvrir des conversations utiles, inspirantes et profondément humaines.

Découvrez cette carte blanche en vidéo

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